Chauffage électrique maison
  • septembre 11, 2026
  • Mathieu
  • Habitat

Depuis le 1er janvier 2026, le DPE réserve un traitement plus favorable à l’électricité dans son calcul. La réforme concerne directement les propriétaires de logements équipés de radiateurs électriques, de pompes à chaleur ou d’autres systèmes qui utilisent cette énergie. Elle ne modifie ni la consommation réelle du logement ni son isolation, mais elle peut avoir un effet sur son classement énergétique.

La modification porte sur le coefficient qui transforme l’électricité consommée en énergie primaire. Celui-ci est passé de 2,3 à 1,9 au début de l’année 2026. Une nouvelle baisse, déjà actée, portera cette valeur à 1,7 au 1er janvier 2027. Pour les propriétaires, les acquéreurs et les bailleurs, ces changements méritent quelques explications.

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DPE 2026 : pourquoi le calcul de l’électricité a-t-il changé ?

Le diagnostic de performance énergétique ne repose pas simplement sur une estimation de la facture annuelle. Sa méthode évalue notamment la consommation conventionnelle du logement et ses émissions de gaz à effet de serre. Le résultat se traduit par une étiquette qui va de A, pour les biens les mieux classés, à G, pour les plus énergivores.

Pour le calcul de la consommation d’énergie primaire, l’électricité bénéficie désormais d’un coefficient de conversion de 1,9, contre 2,3 auparavant. Pour les autres énergies, ce facteur reste fixé à 1. La modification résulte de l’arrêté du 13 août 2025, applicable depuis le 1er janvier 2026.

Cette évolution vise notamment à mieux prendre en compte les caractéristiques du mix électrique français. Le ministère chargé du Logement a aussi indiqué que la réforme devait réduire le désavantage dont souffraient certains logements électriques dans le calcul du DPE.

Le changement porte donc sur la méthode de calcul, et non sur les qualités physiques du bâtiment. Une maison mal isolée reste mal isolée après la réforme. En revanche, la traduction de sa consommation électrique en énergie primaire devient moins défavorable.

Quels logements électriques peuvent voir leur DPE progresser ?

Les effets de la réforme varient selon les caractéristiques du bien. Les logements dont les usages reposent fortement sur l’électricité sont logiquement les plus concernés. Un appartement équipé de radiateurs électriques peut, par exemple, bénéficier davantage de la nouvelle méthode qu’un logement chauffé au gaz.

La baisse du coefficient ne signifie toutefois pas qu’un logement gagne automatiquement une classe. Le DPE dépend de nombreux paramètres liés au bâti et aux équipements. Isolation des murs et de la toiture, fenêtres, ventilation, production d’eau chaude ou système de chauffage influencent le résultat final.

La situation devient surtout intéressante pour les biens qui se situaient près du seuil entre deux classes énergétiques. La modification du calcul peut alors suffire à faire évoluer l’étiquette. Le gouvernement avait d’ailleurs précisé lors de l’annonce de la réforme qu’aucun logement ne devait subir une dégradation de son étiquette du seul fait de cette modification.

Il faut donc éviter une lecture trop rapide du changement. Tous les logements électriques ne deviennent pas soudainement performants. La réforme corrige un paramètre de calcul ; elle ne transforme pas un bâtiment énergivore en habitation sobre.

Un ancien DPE peut-il bénéficier de la nouvelle méthode ?

La réforme de 2026 n’a pas rendu automatiquement caducs les diagnostics établis avant son entrée en vigueur. Les DPE concernés qui restent dans leur période de validité peuvent bénéficier d’une mise à jour de leur étiquette via une attestation, sans nouvelle visite du professionnel. Le dispositif repose sur l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME.

Cette possibilité présente un intérêt évident lorsqu’un propriétaire dispose d’un diagnostic antérieur dont le classement peut progresser grâce au nouveau coefficient. Elle évite de refaire toute l’évaluation uniquement pour intégrer la modification réglementaire.

Une nouvelle intervention reste en revanche pertinente lorsque le logement a connu des travaux susceptibles de modifier ses performances. Une isolation refaite, un changement de fenêtres ou le remplacement du chauffage constituent des évolutions physiques du bien que la simple mise à jour du coefficient électrique ne reflète pas.

Dans une telle situation, le recours à un Diagnostiqueur immobilier permet d’établir un nouveau DPE sur la base des caractéristiques actuelles du logement.

Une meilleure étiquette ne signifie pas une baisse de la facture

La distinction entre classement énergétique et consommation réelle mérite une attention particulière. Le passage du coefficient de 2,3 à 1,9 modifie une convention de calcul. Il ne réduit pas le nombre de kilowattheures consommés par les radiateurs et ne change pas le prix payé au fournisseur d’électricité.

Un propriétaire dont le logement passe, par exemple, d’une classe F à une classe E grâce à la nouvelle méthode peut donc obtenir une étiquette plus favorable sans observer de diminution de ses dépenses de chauffage.

Le confort thermique ne change pas non plus. Des murs peu isolés, des fenêtres anciennes ou des infiltrations d’air restent sources de déperditions. La réforme du DPE ne doit donc pas être interprétée comme un substitut aux travaux de rénovation énergétique.

Cette nuance revêt une importance particulière lors d’un achat immobilier. L’étiquette fournit une information standardisée très utile pour comparer les biens, mais elle ne dispense pas d’examiner la qualité de l’enveloppe du bâtiment, le type de chauffage et l’état des équipements.

Chauffage électrique et pompe à chaleur : des situations différentes

Tous les systèmes électriques ne présentent pas la même efficacité. Un convecteur électrique transforme directement l’électricité en chaleur. Une pompe à chaleur exploite aussi les calories présentes dans l’air, le sol ou l’eau selon la technologie utilisée. Les résultats énergétiques peuvent donc différer fortement.

La réforme de 2026 ne supprime pas cette distinction. Le DPE conserve une méthode qui tient compte des équipements présents dans le logement. Une maison dotée d’une pompe à chaleur et correctement isolée n’affichera pas nécessairement le même niveau de performance qu’un bâtiment similaire équipé de vieux convecteurs.

Cette différence rappelle pourquoi la seule mention « chauffage électrique » ne suffit pas pour juger un bien. Le type d’appareil, son efficacité et les caractéristiques thermiques du bâtiment doivent être examinés ensemble.

La modification du coefficient peut néanmoins renforcer l’intérêt de l’électrification dans certains projets de rénovation. Le ministère chargé du Logement a d’ailleurs associé la réforme à sa volonté de mieux valoriser le recours à l’électricité décarbonée et aux pompes à chaleur par rapport aux systèmes fossiles.

Une nouvelle évolution du DPE est déjà prévue pour 2027

La réforme de 2026 n’est finalement qu’une étape. Un arrêté publié le 26 août 2026 prévoit une nouvelle baisse du facteur de conversion de l’électricité, qui passera de 1,9 à 1,7 au 1er janvier 2027. Cette modification concernera le DPE ainsi que les audits énergétiques.

Le texte prévoit également un mécanisme d’attestation pour les diagnostics encore valides. L’ADEME pourra générer le document qui substituera la nouvelle étiquette à l’ancienne lorsque la modification du coefficient entraîne un changement de classement. Les données initiales du diagnostic ne seront pas modifiées.

Cette seconde réforme confirme la nouvelle orientation du calcul du DPE en faveur d’une prise en compte différente de l’électricité. Pour un propriétaire qui prépare une vente, une location ou des travaux, la date du diagnostic et la méthode applicable deviennent donc des éléments à examiner avec attention.

Le DPE reste avant tout un indicateur de la qualité énergétique du logement

La réforme entrée en vigueur en 2026 peut améliorer la situation de certains logements chauffés à l’électricité, surtout lorsque leur ancienne étiquette se situait près d’un seuil. Elle corrige le poids attribué à l’électricité dans le calcul de l’énergie primaire, sans modifier les caractéristiques réelles du bâtiment.

Un meilleur classement ne signifie donc ni une baisse automatique de la facture ni la disparition des besoins de rénovation. L’isolation, le chauffage, la ventilation et la production d’eau chaude conservent leur rôle dans la performance du logement.

Pour les propriétaires, le principal intérêt consiste à disposer d’un DPE qui reflète la méthode réglementaire applicable en 2026, puis à anticiper la nouvelle évolution déjà programmée pour 2027. L’étiquette énergétique reste un outil de lecture du logement ; son interprétation gagne à tenir compte du bâti, des équipements et de la consommation réelle.

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